À seulement 19 ans, Livia a quitté Bolzano, sa ville natale située dans le nord de l’Italie, en septembre 2025. Elle s’est engagée pour une mission de neuf mois en tant que volontaire du Corps Européen de solidarité (CES) au sein de l’ensemble scolaire Saint Joseph-La Salle (St Jo) à Lorient, en choisissant de mettre son énergie au service du domaine socio-éducatif.

Interview de Livia, jeune volontaire du CES 2025-2026 à St Jo Lorient 2

INTERVIEW DE LIVIA

Livia, tu es arrivée à Lorient il y a neuf mois… Dans quel état d’esprit étais-tu à ce moment-là ?

J’avais envie de partir vivre une année loin de l’Italie. Il ne s’agissait pas simplement de faire une « pause », comme on l’entend souvent, mais plutôt de vivre une véritable expérience et de mener à bien un projet concret à l’étranger.
Désireuse d’améliorer mon français et curieuse de découvrir une culture que je ne connaissais pas, j’ai tout naturellement choisi la France. Je voulais faire quelque chose de complètement nouveau et sortir à cent pour cent de ma zone de confort. C’était un peu un saut dans l’inconnu.

Pourquoi as-tu choisi la ville de Lorient et le programme de volontariat européen ?

J’ai découvert ce projet sur la plateforme du Portail européen de la jeunesse. L’idée de m’investir concrètement dans une ville à taille humaine, proche de la nature, me plaisait énormément. Ayant grandi au milieu des montagnes, l’océan représentait pour moi une découverte totale. Lorient m’a également séduite parce que j’espérais y construire une véritable communauté et partager des activités avec d’autres jeunes. La dimension humaine de la ville a beaucoup facilité mon intégration.

Par ailleurs, cette expérience répondait aussi à un besoin d’orientation professionnelle. Je me demandais si l’enseignement pouvait me plaire, si je pourrais en faire mon métier et si j’apprécierais le contact quotidien avec les jeunes. À l’issue de cette aventure, je suis repartie avec des réponses claires et une meilleure connaissance de moi-même.

Concrètement, comment s’organise ce type de volontariat ?

On ne part pas à l’aventure en improvisant une fois sur place : tout est parfaitement organisé. Chaque volontaire est accompagné à la fois par une organisation d’envoi dans son pays d’origine et par une structure d’accueil. En ce qui me concerne, j’ai été accompagnée par le Bureau Information Jeunesse (BIJ) de Lorient.
J’ai d’abord envoyé un CV et une lettre de motivation, avant de passer un entretien en ligne avec Magali, qui est ensuite devenue ma tutrice, ainsi qu’avec Leilani, responsable des jeunes Européens au BIJ. C’était exactement comme un entretien d’embauche classique.
Une fois sélectionnés, nous signons un contrat et nous bénéficions d’un logement, d’un accompagnement administratif ainsi que d’un suivi régulier. À 19 ans, c’est très rassurant et cela donne encore davantage envie de se lancer.

Tu te souviens de ton premier jour à St Jo ?

Très bien ! Je n’avais jamais vu un établissement scolaire aussi grand. J’étais pleine d’enthousiasme et j’avais le sentiment que j’allais pouvoir réaliser énormément de choses.
Je me souviens avoir déjeuné ce jour-là avec Olivier Prigent et Christelle Tristant. Je ne comprenais presque rien à leurs conversations… ça, je m’en souviens très bien ! (rires)

Petit à petit, j’ai pris mes repères, mémorisé les noms des personnes et les différents services. J’ai également fait la connaissance de l’équipe du bâtiment « Australie » — qui regroupe l’administration, la comptabilité, les ressources humaines et la communication et dont leur accueil chaleureux m’a énormément aidé. Ce sont ces petites attentions qui font toute la différence lorsqu’on est loin de chez soi.

Au début, chaque détail représentait un défi : trouver les bonnes salles de classe dans un établissement scolaires aussi vaste relevait presque d’un sport à part entière !

Quelle était ta mission principale au sein de l’établissement ?

Ma mission était de concevoir et d’animer des projets avec les enseignants, destinés aux élèves du collège et des deux lycées. J’intervenais principalement dans les domaines des langues étrangères, de l’interculturalité et de l’ouverture européenne.
Grâce à mon expérience en tant qu’animatrice, j’étais également prête à proposer différents jeux et activités pédagogiques. Les échanges avec les lycéens ont été souvent bons et spontanés. Avec les collégiens, il fallait que je sois davantage dans une positon « éducatrice », mais en contrepartie, ils m’ont apporté une énergie incroyable!

Qu’est-ce que cette expérience t’a appris sur toi-même ?

Énormément de choses. J’ai pris conscience de ma capacité d’adaptation et j’ai gagné en confiance en moi. Surtout, j’ai compris que je ne souhaitais pas devenir enseignante à temps plein dans une salle de classe.

J’ai besoin de bouger, de créer, d’imaginer et d’organiser des activités. C’est ce qui me correspond le mieux.
J’ai également réalisé que j’avais tendance à rechercher la perfection dans tout ce que je faisais. Aujourd’hui, j’apprends à être plus indulgente envers moi-même, à aborder les choses avec davantage de sérénité et à rester à l’écoute de mes besoins.

Y a-t-il eu des moments particulièrement marquants au cours de ces neuf mois ?

Oui, plusieurs. Je pense notamment à l’accueil d’une délégation espagnole. C’est à ce moment-là que je me suis sentie pleinement à ma place : créer des liens, faciliter le dialogue et utiliser les langues comme des passerelles pour rapprocher les personnes.

Le voyage à Londres avec des classes de collège reste également un souvenir extraordinaire. J’ai adoré cette expérience !

J’ai aussi pris beaucoup de plaisir à accompagner les élèves et à collaborer avec le service communication, où je prenais des photos, échangeais des idées avec Sandrine et participais à la concrétisation de différents projets.

Enfin, je n’oublierai pas les entraînements de volley-ball du mardi et du jeudi soir avec les internes et les étudiants du campus St Jo, organisés grâce à Fabien, qui m’a permis de continuer à pratiquer mon sport préféré. C’était super de constater que, même si je ne parlais pas encore très bien français, nous nous sommes énormément amusés avec mon équipe, car au final, le sport est la langue que nous parlons tous.

Et ton engagement avec le BIJ de Lorient, l’organisme d’accueil.

Chaque mercredi après-midi, je retrouvais les autres volontaires afin de travailler ensemble sur un projet commun, une étape obligatoire de notre parcours dans le cadre du CES.

Nous avons réalisé un documentaire sur la vie locale à Lorient, intitulé « La Voix de la Ville », que vous pouvez d’ailleurs retrouver sur YouTube : https://youtube.com/watch?v=8OGJPre7EMU&is=koDcLXuXMxoBOnod

Nous avons interviewé les habitants, filmé les différentes séquences, assuré le montage et, après plusieurs mois de travail, nous avons organisé une projection publique le 28 mai. Ce fut un moment particulièrement émouvant, que j’ai partagé avec les personnes qui sont devenues si importantes pour moi ici.

J’ai adoré construire ce projet en équipe et découvrir Lorient à travers les témoignages de ses habitants. J’ai également beaucoup apprécié présenter le programme du Corps Européen de Solidarité à d’autres jeunes, notamment lors des déplacements organisés en Bretagne avec le BIJ.

Tu as également participé à des séminaires à Laval, Lamballe et Calais pour rencontrer d’autres jeunes volontaires venus de toute la France ?

Oui, et celui de Calais a été particulièrement marquant. C’était une expérience incroyable. Nous étions environ trente-cinq jeunes venus des quatre coins de l’Europe, réunis pendant une semaine.
Nous avons échangé sur la politique, l’économie, nos cultures respectives et tout ce qui fait notre singularité.

Mais au-delà des débats, c’est surtout notre vie en communauté qui nous a rapprochés, au point de former une sorte de seconde famille. C’est dans ces moments-là que l’on comprend le véritable sens de l’apprentissage des langues : non pas pour obtenir de bonnes notes à l’école, mais pour vivre des expériences humaines extraordinaires et créer de véritables amitiés.

Par la suite, certains d’entre nous se sont retrouvés à Paris pour partager une soirée mémorable ensemble !

Selon toi, quels aspects de l’accueil des volontaires pourraient être améliorés au sein de St Jo ?

La communication en amont pourrait être davantage optimisée. Il serait, par exemple, utile d’informer les professeurs de langues bien avant notre venue, de prévoir une rencontre, dès la première semaine de notre arrivée avec eux et de transmettre tous les contacts indispensables (adresses e-mail, numéros de téléphone).
Il serait important de prendre le temps d’expliquer le fonctionnement d’outils essentiels comme Pronote. Ce sont des détails d’ordre logistique, mais ils facilitent le quotidien d’un nouveau volontaire.

Si tu devais choisir tes plus beaux souvenirs de cette aventure ?

Sans la moindre hésitation, le séminaire de Calais arrive en tête.
Je garderai aussi un souvenir inoubliable d’une baignade dans l’océan à Sainte Marine avec mon amie Sandrine et ma mère, qui était venue me rendre visite.
Je pense également à la soirée d’inauguration du complexe sportif, durant laquelle j’ai eu la chance de couvrir l’événement en prenant des photos et de faire de très belles rencontres.

Ce sont des moments précieux qui resteront gravés en moi.

Quelles sont les prochaines étapes pour toi ?

Mon départ est prévu le 27 juin. Cet été, je travaillerai comme animatrice auprès de jeunes âgés de 10 à 15 ans.
À mon retour, je m’envolerai pour une dizaine de jours en Écosse, sur les traces de « Jamie Fraser »… (rires). Plus sérieusement, la série « Outlander » m’a donné une immense envie de découvrir ces paysages grandioses. Je vous la recommande vivement !

À partir de septembre, je commencerai des études de psychologie à distance dans une université italienne, tout en travaillant en parallèle.
J’ai besoin d’allier l’acquisition de connaissances à une expérience concrète sur le terrain.

À plus long terme, j’aimerais compléter mon parcours par une formation en communication. J’aime être en mouvement et j’ai toujours mille projets en tête ! (rires)

Un dernier mot ?

Je souhaite adresser un immense merci à toutes les personnes qui m’ont accompagnée, soutenue et permis de trouver ma place en Bretagne.

Un remerciement tout particulier à l’équipe « Australie » : je garderai précieusement notre amitié dans mon cœur, et sachez que vous serez toujours les bienvenus en Italie !

Un merci tout spécial à Sandrine, Magali, Céline et Antoinette pour leur immense gentillesse dès mon premier jour. Merci de m’avoir accueillie telle que je suis, sans jamais me juger, et de m’avoir encouragée à donner le meilleur de moi-même. Vous occuperez toujours une place particulière dans mon cœur.

Lorsqu’on s’installe dans un nouveau pays, la qualité de l’accueil et la sincérité des relations humaines sont essentielles. J’ai eu l’immense chance de trouver tout cela ici.

Merci à toutes et à tous, et merci à toi, Sandrine, pour cette interview.